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Rubrique : Français : programmes

 RÉFLEXION SUR UN AMÉNAGEMENT DES ÉPREUVES ANTICIPÉES DE FRANÇAIS (EAF)

Katherine WEINLAND, inspectrice générale de lÉducation nationale

Intervention prononcée le 23 janvier 2001 lors de la réunion interacadémique de Rennes.

INTRODUCTION

Travail mené par une commission GTD/IG, réunie à linitiative de la DESCO, pour élaborer des pistes de réflexion (pistes de réflexion et non scénario parachevé)

Réflexion densemble sur les épreuves, préalable indispensable à la définition des épreuves : penser loral et lécrit de façon complémentaire, penser les différentes épreuves les unes par rapport aux autres.

Éléments de cette réflexion :

Développement en 3 parties :

I. SAVOIRS 

1. Les programmes pour les classes de lycée

quatre perspectives complémentaires :

Complémentarité entre ces quatre perspectives affirmée fortement par les programmes. Pour chaque objet détude, une perspective principale et une ou, plus fréquemment, des perspective(s) complémentaire(s) sont indiquées.

Divers objets détude selon les séries, en classe de première :
 

Objets détude 1ère L 1ère S/ES 1ère T
Mouvement littéraire et culturel français et européen du XVIème au XIXème siècle n n n
La poésie n n n
Essai et dialogue n n n
Le biographique n n n
Lépistolaire n n  
Lapologue n n  
Les réécritures n   n
Ecrire, publier, lire au passé n    


 2. Objets détude et EAF

Une règle du jeu très claire, qui peut être affirmée pour loral et pour lécrit :

Oral: Les différents objets détude de la classe de 1ère déterminent les points sur lesquels les élèves sont interrogés selon les séries (et non la façon de les interroger).

Écrit: De la même façon, les épreuves portent sur les objets détude inscrits au programme de la classe de 1ère.

Cependant tous les objets détude ne se prêtent pas de la même façon à lélaboration des épreuves, en particulier lorsque lon envisage la question de la composition française.
 

Objets détude 1ère L 1ère S/ES 1ère T
Mouvement littéraire et culturel français et européen du XVIème au XIXème siècle n n n
La poésie n n n
Essai et dialogue n n n
Le biographique n n n
Lépistolaire n n  
Lapologue n n  
Les réécritures n   n
Ecrire, publier, lire au passé n    

Remarques :

II. SAVOIR - FAIRE

Si les épreuves dévaluation sappuient sur les connaissances acquises dans lannée, elles évaluent aussi des compétences, envisagées comme lalliance de savoirs (les connaissances appelées par les objets détude) et de savoir-faire (la mise en œuvre de ces connaissances). Pour cette raison, il convient tout à la fois de nourrir la mémoire de lélève (savoirs) et de
former son jugement critique.

Exemples :

Liste des compétences proposées :
 

COMPÉTENCES
C1 Maîtrise de lexpression orale et écrite
C2 Compréhension dun texte dans son contexte et maîtrise des principales références culturelles
C3 Maîtrise des principales catégories littéraires
C4 Construction dun jugement argumenté et prise en compte dautres points de vue
C5 Exercice raisonné de la faculté dinvention

III. CONSÉQUENCES SUR LEAF

1. Rappel

Situation actuelle : lenseignement du français dans les classes de seconde et de première est très largement déterminé par les épreuves de lEAF.
Évolution souhaitée : lenseignement du français dans les classes de seconde et de première détermine les épreuves de lEAF.
 

2. Épreuves écrites

Remarque : Le terme "épreuve" sera employé plutôt que celui de "sujet". On réservera en effet le terme "sujet" à la citation ou au texte à commenter.
 

Questions préalables :

Épreuves considérées comme "temporairement définitives" ou épreuves évolutives ?

Lévolution serait peut-être préférable mais certainement mal comprise car perçue par les professeurs comme un élément dincertitude et donc de déstabilisation permanent.

Aller donc vers une reconfiguration globale, qui permettra de concevoir les épreuves de façon complémentaire et nempêchera pas, ultérieurement, des inflexions éventuelles.

Épreuves ouvertes ou épreuves fermées ?

Les épreuves ouvertes limiteraient assurément les formes de bachotage mais il semble impossible de les faire accepter à lheure actuelle par les professeurs et sans doute par les élèves.

Les épreuves fermées (hermétiquement closes) laissent peu de place à linventivité dans les sujets.
On peut donc penser quune solution intermédiaire est préférable et définir une organisation densemble suffisamment souple pour sadapter en partie aux textes à partir desquels les sujets sont conçus.

Remarque : lactuel épreuve de type 1 était conçue à lorigine comme ouverte. Elle sest très vite refermée.
 

Questions fondamentales

Epreuves liées ou non aux objets détude ?
Position assez arrêtée sur ce point : les épreuves de lEAF sont très directement liées aux objets détude de la classe de première. Le travail mené pendant lannée est évalué le jour de lexamen.

Epreuves évaluant une compétence isolée ou des compétences regroupées ?
Il paraît essentiel, pour respecter lesprit des programmes, dévaluer des compétences combinées, en particulier dans le domaine de la lecture et de lécriture.

Pour y parvenir :

Lier compétences de lecture et compétences décriture, cest à dire partir dans tous les cas dun ou de plusieurs texte(s), à lire, analyser et interpréter, pour aller vers lécriture.

Pour la phase de lecture, tenir compte du fait que les programmes de lycée appellent plusieurs formes de lecture (analytique, cursive, documentaire) et intègrent létude de limage.

Pour cela, nécessité détendre létendue du champ dobservation initial, ce qui amène à se poser la question du support dobservation.

Quel support ?

Le corpus

- Première possibilité : Un texte pour chaque sujet.

- Deuxième possibilité : Un texte ou un corpus de textes, incluant éventuellement une image, pour chaque sujet, nayant ni la même longueur (lecture analytique ou lecture cursive) ni le même statut (texte support dune étude, textes à comparer, document destiné à éclairer, en apportant des informations, le texte support) pour lensemble des sujets.

- Troisième possibilité : Un texte ou un corpus de textes, incluant éventuellement une image, nayant ni la même longueur (lecture analytique ou lecture cursive) ni le même statut (texte support dune étude, textes à comparer, document destiné à éclairer, en apportant des informations, le texte support) pour chaque sujet.

- (ou autres possibilités)

Remarque : La notion de corpus présuppose une unité (thématique ? problématique ? ) entre les différents textes proposés.
 

Les critères de choix

- Première possibilité : le système actuel, peu dévoreur de temps pour lélève, mais limitant quelque peu les possibilités dobservation initiales et donc  les sujets.

- Deuxième possibilité : élargir le champ dobservation et donc les possibilités de sujets sans réclamer un temps très long pour la lecture des textes mais difficultés possibles à constituer le corpus.

- Troisième possibilité : élargit le champ dobservation et donc les possibilités de sujets mais oblige à allonger la durée de lépreuve et la complexifie peut-être inutilement.

Remarque : pour les bacs cinéma, théâtre, etc. existe un temps de préparation dune durée de 30 minutes, destiné à permettre au candidat de prendre connaissance des documents qui lui sont fournis. Il faudrait donc seulement généraliser une mesure qui existe déjà pour intégrer le principe dun corpus.


Faut-il harmoniser les types dépreuves proposés ?

2 types dépreuves pour lesquels lélève est guidé par une série de questions préalables.
1 épreuve (la composition française) pour laquelle cette phase préalable nexiste pas.
Conséquences docimologiques : lévaluation fractionnée est, par essence, plus rentable que lévaluation globale. Les notes de dissertation sont faibles.

Situation actuelle :

Pour les épreuves de type 1 et 2, les questions de compréhension entraînent un risque de redondance avec le développement qui suit. Le phénomène est particulièrement net pour le commentaire. Les questions ont été ajoutées, il est nécessaire, généralement, de reprendre les éléments déjà analysés dans une première étape pour les intégrer au développement qui suit.

Epreuves à venir :

Faire se succéder une première étape fondée sur lobservation et prenant appui prioritairement sur les connaissances de lélève et une seconde étape fondée sur les compétences dans le domaine de lécriture (invention et/ou commentaire).

Première étape : les questions

Deux orientations complémentaires

Lier la nature des questions posées sur le texte à lexercice décriture qui suit, ce qui revient à définir des fonctions précises :

Les questions précédant un travail sur largumentation peuvent être prioritairement des
questions de compréhension,

Les questions précédant une forme décriture de commentaire prennent en compte la compréhension mais également, et de façon plus affirmée que dans le cas précédent, les faits de langue, les éléments de métrique, les formes et les structures de manière à permettre un début danalyse.

Cest ce même type de questions qui peut précéder un travail dinvention.

Passer des compétences de lecture aux compétences décriture en utilisant plusieurs textes du corpus, selon deux possibilités (ou plus) :

    Jeu sur les lectures plurielles

Questions amenant à une première interprétation puis un second niveau dinterprétation (développement), rendu possible par un élément dinformation apporté par un texte ayant, à lintérieur du corpus, statut de document.

Exemple :
La Fontaine : "Fables", "Le rat qui sest retiré du monde"
Première lecture sans prendre en compte les éléments de contextualisation historique (questions).
Seconde lecture après avoir eu connaissance de ces éléments, par lintermédiaire dun texte ayant statut de document.

    Jeu de comparaison et questions transversales

Question sur un premier texte (texte source) puis développement sur un second texte, lié au premier (cf perspective les réécritures).

Exemples :

Question complémentaire : Quelle place réserver, dans les questions, à létude de la langue ?

 

Seconde étape : lécriture

Deux difficultés :

Lécriture dinvention soppose à lécriture de commentaire. Elle peut être définie comme une écriture sous contrainte, à partir dun texte. Elle peut se développer à partir dun texte fictionnel ou dun texte argumentatif.

Elle est possible dans la mesure où les consignes décriture sont suffisamment précises.

Trois possibilités essentielles :

1/ Concevoir deux épreuves, lune appelant la production dun texte dinvention, lautre la production dun texte de commentaire.

2/ Proposer, à lintérieur de chaque épreuve (nombre dépreuves à définir), la production dun texte dinvention et dun texte de commentaire. Laisser éventuellement le choix aux élèves.

3/ Concevoir trois épreuves :

- la première se rattachant à la composition française et à lécriture de commentaire ;
- la seconde au commentaire littéraire (avec, éventuellement, la possibilité, pour lélève de choisir entre le commentaire et lécriture dinvention) ;
- la troisième, plus novatrice, centrée sur lécriture dinvention.

Deux hypothèses :

Partir des objets détude "Essai et dialogue" et "LApologue" pour demander à lélève de développer sa propre argumentation, en liaison avec le texte proposé mais sous une forme différente de celui-ci.

Exemples :
Partir de lapologue pour aller vers lécriture du dialogue ou de lessai, en réponse à lapologue.
Partir de lessai pour aller vers lécriture du dialogue ou de lapologue, en réponse à lessai.

Partir dun texte et dun objet détude pour demander une transposition, une adaptation, une forme de réécriture.
 

Question complémentaire

Faut-il envisager une modulation des épreuves selon les séries ?

Trois hypothèses :

- Conserver les mêmes types dépreuves ?
- Modifier les types dépreuves selon les séries ?
- Faire varier le nombre dépreuves selon les séries ?
 

3. Épreuves orales

Questions préalables :

Quel lien avec les objets détude ?
Les épreuves orales, comme les épreuves écrites, portent sur les objets détude de la classe de première.

Faut-il conserver une liste des textes étudiés dans lannée ?
Arguments en faveur du oui et en faveur du non

Non : Inquiétude des enseignants qui, dune certaine façon, sinterrogent sur lutilité du travail et saccordent mutuellement une confiance très limité (la porte ouverte à larbitraire) ;
Situation pédagogiquement difficile à gérer, voire absurde, où les élèves ont la certitude de ne pas être directement interrogés sur les textes quils étudient en classe.

Oui : Conséquences : La classe de première est en partie consacrée, chez certains enseignants, à la préparation de lépreuve orale. Le professeur fait lexplication, les élèves notent, pour mémoriser de façon passive. Cette dérive entraîne une mémorisation passive et des formes de psittacisme depuis longtemps dénoncées.
 

Questions fondamentales :

Quelles compétences évaluer à loral ?

COMPÉTENCES
C1 Maîtrise de lexpression orale et écrite
C2 Compréhension dun texte dans son contexte et maîtrise des principales références culturelles
C3 Maîtrise des principales catégories littéraires
C4 Construction dun jugement argumenté et prise en compte dautres points de vue
C5 Exercice raisonné de la faculté dinvention

- Les compétences C2, C3, C4 peuvent être évaluées sans difficultés dans le cadre dune épreuve orale ;
- La compétence C5 fait problème ;
- La compétence C1, envisagée comme  "maîtrise de lexpression orale" doit impérativement être évaluée en tant que telle.
Cela signifie évaluer :
                                    La qualité de la lecture
                                    La capacité à mener un exposé
                                    La capacité à entrer dans un dialogue
- On peut intégrer, en liaison avec C1, une question sur létude de la langue.
 

Quelle organisation de loral pour évaluer ces compétences ?

Létude du texte

BILAN

CONCLUSION GLOBALE

Une mauvaise façon daborder le problème : anciennes ou nouvelles épreuves. La polémique est alors assurée. En fait si tel ou tel type d"ancien sujet" peut sarticuler avec tel ou tel type de "nouveau sujet", sil permet dévaluer de façon satisfaisante les compétences jugées prioritaires, il ny a aucune raison de vouloir à toute force le modifier.

Aller plutôt vers laffirmation :

            dune logique densemble
1/ Les programmes appellent lévaluation de compétences regroupées.
2/ Le choix dévaluer ces compétences appelle une évolution, en particulier pour intégrer la compétence 5 (exercice raisonné de la faculté dinvention).
3/ Il reste à définir le degré et les formes dévolution, en fonction des principes affirmés précédemment.

            dune méthodologie commune
Passage des épreuves à des possibilités de sujets.
 

Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 01 février 2001
© Ministère de l'Éducation nationale


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