Réunions interacadémiques
des inspecteurs chargés du 1er degré
Compte rendu des ateliers " enseignement des sciences "
Les pratiques d’enseignement des sciences et de la technologie à l’école, dans leur état actuel et telles qu'on les souhaite.
- Des insuffisances sont régulièrement évoquées :
- horaire non respecté,
- prégnance de l’annualisation qui entraîne des anomalies de continuité au cours de la scolarité,
- insuffisance de matériel adapté,
- activités concernant inégalement les divers domaines scientifiques : la biologie y serait la mieux représentée, viendrait ensuite la technologie, suivie de la physique. Les enseignants maîtrisent généralement assez mal les savoirs correspondants,
- élèves rarement mis en activité (observation, description, manipulation).
- Les difficultés inhérentes à la démarche préconisée sont ainsi analysées :
- les maîtres ont du mal à accepter la prise de risque d’une pédagogie active aux développements incertains ;
- cette pédagogie demande du temps ; or les maîtres ont tendance à écourter, à simplifier la démarche, à pratiquer en quelque sorte une " leçon de choses sans choses " où la réponse est lisible dès le départ et s’impose à l’élève, où les connaissances et les savoirs sont privilégiés, au détriment de la démarche active pour construire les notions.
- Des limites à cette démarche sont également identifiées :
- l’enfant-chercheur, confronté au tout expérimental, apparaît comme un idéal qui ne peut être atteint en classe. L’expérience est un moyen pour développer le regard critique mais la démarche pédagogique du maître ne saurait être exclusivement centrée sur elle. Tout ne peut et ne doit pas être redécouvert par les élèves.
- L’attention est attirée sur les limites de La main à la pâte qui peut conduire à de l’activisme. On pointe aussi le risque de dérive vers le tout méthodologique, déjà souligné par le rapport de l’IGEN (juin 1999) et par le plan de rénovation.
- Outre la dimension interdisciplinaire des activités scientifiques qui est appréciée très favorablement, on insiste sur le point essentiel de l’évolution des pratiques qu’est le changement de posture du maître qui doit :
- travailler à partir des représentations initiales des élèves,
- accorder une place effective à l’investigation des élèves,
- établir des interactions au sein de la classe et entre classes,
- centrer le déroulement de la séquence sur la construction du savoir,
- développer une pédagogie du doute scientifique,
- fonder la démarche sur un projet ayant du sens pour l’élève.
La formation des maîtres
- La formation initiale ne semble pas prendre suffisamment en compte les besoins spécifiques des enseignements scientifiques et on évoque une faible participation des maîtres à la formation continue dans ce domaine.
Les IEN opposent à ce constat le rôle primordial de l’équipe de circonscription, lors d’animations pédagogiques et de stages d’équipe, assortis d’un suivi des maîtres. L’accompagnement est jugé aussi essentiel que la formation.
- De nombreuses suggestions sont faites en matière de formation :
- mettre en situation les enseignants au sein même de leur classe,
- éveiller leur curiosité des maîtres (visites…),
- développer chez eux le plaisir de chercher, les mettre en " expérience ",
- leur donner à acquérir les connaissances de base en rapport avec les programmes,
- renforcer la formation continue en organisant des stages à public désigné, des stages courts avec un suivi, des stages d’équipe (cycle, école),
- renforcer ou établir le lien avec l’IUFM.
Des suggestions pour la mobilisation, l’accompagnement et le suivi des maîtres
- On s’accorde dans plusieurs groupes à considérer qu’il est important d’encourager les maîtres à oser, de les mettre en confiance.
- Une logique d’échange et de mutualisation se dégage fréquemment, en particulier pour exploiter les compétences disponibles en les valorisant ou pour constituer des pôles de ressources. Il faudrait construire des réseaux de communication à l’échelle de la circonscription, du bassin ou du département, mettre Internet à disposition de tous pour faire circuler la documentation.
- Le regard porté sur les enseignements scientifiques au cours de l’inspection des maîtres est considéré comme pouvant constituer un bon levier de mobilisation. À l’occasion de l’inspection, un suivi d’indicateurs par l’IEN permettrait d’analyser l’évolution de l’enseignement des sciences au plus près des pratiques.
- Des actions contractualisées et continues du type " défis scientifiques " ont paru intéressantes.
- La Main à la pâte offre un ensemble de ressources dont l’intérêt est généralement souligné et auquel il faudrait faciliter l’accès (manque actuel de connexions). Fréquemment on pense qu’il est nécessaire de s’appuyer sur les équipes déjà constituées dans ce cadre pour contribuer à dynamiser la mise en œuvre du plan de rénovation.
- La nécessité de valoriser et d’exploiter le patrimoine de proximité, naturel, industriel, technologique, est évoquée.
Des pistes de travail pour les équipes de maîtres
- L’intérêt d’une programmation et d’une progression par cycle et par année a été très largement évoqué.
- On a également suggéré :
- de développer des outils de l’élève sur la durée du cycle (classeur, cahier) et notamment un " grand cahier du savoir sur le monde " qui mettrait de la signification sur des savoirs éparpillés entre plusieurs disciplines,
- de réserver une autre place aux sciences dans l’emploi du temps que la seule fin de journée,
- de procéder à des échanges de service qui " rentabilisent " l’investissement d’un maître et lui donne davantage de raisons de s’investir dans ce domaine,
- de mettre en œuvre la démarche dès l’école maternelle,
- de faire appel à des partenaires scientifiques, ce qui peut donner de bons résultats mais qui n’est pas apparu généralisable.
Des références aux ressources de niveau national
- Il est fréquemment attendu que soit produit un guide d’accompagnement pour la mise en œuvre des programmes explicitant les compétences disciplinaires, les compétences transversales, les connaissances et les savoirs, assorti d’exemples d’activités.
- Des attentes s’expriment régulièrement sur les programmes qui devraient comporter :
- un référentiel de compétences (précis, complet, véritable guide pour les maîtres),
- des formulations adaptées aux élèves.
- Au sujet des centres de ressources, des précisions sont attendues : quelles solutions sont effectivement mises en œuvre dans les départements ?
- Il est souhaité que soit développée une culture de l’évaluation en sciences qui prenne en compte les savoir faire en matière de manipulation, de recherche documentaire, de lecture et d’écriture. Des outils d’évaluation sont attendus et l’évaluation des acquis à l’entrée en sixième est considérée comme importante.
- Enfin, l’intérêt de certaines productions est signalé, en particulier les 20 " fiches connaissances " notamment disponibles sur le site ÉduSCOL, perçues comme un outil très fonctionnel et " Graines de sciences " n°2 (éditions Le Pommier).
Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 25 mars 2001
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