
Outre le développement d’une culture technologique de base nécessaire aujourd’hui à tous les jeunes scolarisés, ces dispositifs peuvent assurer diverses fonctions particulièrement importantes pour les élèves handicapés.
L'ordinateur et ses logiciels peuvent être considérés plutôtcomme " une sorte de répétiteur ".
L'ordinateur permet ici de maintenir ou de motiver l'apprentissage et de l'adapter en fonction du niveau scolaire des élèves. Ce courant tutoriel repose classiquement sur des exercices systématiques, des dialogues pédagogiques, des logiciels d'évaluation et de remédiation....
Très efficace et maintenant de plus en plus utilisée pour la formation continue et le recyclage professionnel, cette approche qui nécessite une lecture de consignes à l'écran et encore pour l'instant une écriture formalisée de réponses, semble présenter un intérêt limité pour les jeunes enfants handicapés débutant les apprentissages. Elle peut par contre, en principe, rendre des services auprès d'adolescents handicapés, les jeunes sourds en particulier, maîtrisant convenablement la lecture, l'écriture et le calcul.
L'ordinateur et ses interfaces d'entrée/sortie spécialisés deviennent un outil capable de suppléer directement ou indirectement une fonction déficitaire chez l'enfant handicapé .
Employé comme une prothèse, l'ordinateur assure ici une sorte de transcodage d'un canal sensoriel ou moteur déficitaire en un autre bien maîtrisé. C'est sans doute, l'approche la plus ancienne dans l'éducation spécialisée et dans laquelle plusieurs grandes institutions scientifiques ont engagé des équipes de recherches. C'est aussi la plus prestigieuse dans ses résultats, notamment auprès des jeunes aveugles ou handicapés moteurs.
Limités longtemps dans leur accès aux informations écrites, les élèves aveugles peuvent trouver aujourd'hui dans l'informatique des outils puissants pour prendre des notes et contrôler leur travail en braille éphémère ou par synthèse vocale et pour transcrire automatiquement et plus facilement leurs textes en Braille intégral et abrégé. Les recherches les plus récentes font intervenir une saisie optique des textes (avec un scanner) qui sont ensuite mémorisés, analysés, traduits en abrégé et transcrits en Braille sur une embosseuse* rapide ou sur une plage tactile*.
En ce qui concerne les enfants gravement handicapés sur le plan moteur et privés de l'usage de la parole, ces techniques leur apportent une aide indispensable à leur communication et à leur scolarisation. Par l'utilisation d'ordinateurs, de logiciels spécialisés et de dispositifs d'entrée/sortie* particuliers, certains de ces enfants peuvent aujourd'hui lire, écrire, compter, agir sur leur environnement, communiquer à l'aide d'une synthèse de voix* électronique avec leur entourage et poursuivre un cursus scolaire pratiquement normal ; certains arrivent aujourd'hui au seuil de l'Université ! Pour d'autres pathologies n'entravant pas la voix du jeune mais lui interdisant toute manipulation des membres supérieurs, la commande vocale* peut être une aide précieuse.
L'ordinateur et les outils d'écriture et de calcul deviennent des auxiliaires précieux à la scolarisation.
Sans être des outils de suppléance réservés aux enfants présentant des handicaps massifs comme dans les applications supplétives, les tableurs ou les petits gestionnaires de fichiers et principalement les traitements de texte, facilitent grandement le travail scolaire de beaucoup d'enfants présentant des difficultés graves ou des handicaps.
Chacun sait ou devine, par exemple, les conséquences que peuvent avoir sur la scolarité, des troubles moteurs au niveau des membres supérieurs limitant l'écriture et l'expression graphique. L'ordinateur et son logiciel apportent alors une aide notable par :
la facilitation et l'économie du geste. : la grande sensibilité des touches permet également de maintenir l'écriture jusqu'à d'importantes pertes de puissance musculaire comme c'est le cas chez les jeunes myopathes.
l'optimisation des efforts : les efforts d'apprentissage peuvent enfin être supérieurs à l'attention et à la concentration gestuelles.
l'efficience immédiate et une présentation irréprochable du document de travail, ce qui motive grandement l’élève.
la mémoire de l'action : tous les textes ou schémas réalisés sur ordinateur peuvent être conservés, modifiés et réutilisés ultérieurement dans un agencement différent.
L'ordinateur et son logiciel deviennent de puissants inducteurs de raisonnement et de créativité.
Cette approche ne vise pas l'apprentissage de nouvelles connaissances mais plutôt la structuration de la pensée, le développement de stratégies et le plaisir d'inventer. Il s'agit ici d'apprendre à apprendre et apprendre à penser. L'ordinateur offre généralement en kit, des éléments simples et modulables que l'enfant peut choisir et organiser dans l'espace et la durée. Ce peuvent être des logiciels graphiques ordinaires ou des environnements plus spécialisés un dispositif hypermédia audio-tactile permettant à de jeunes aveugles de manipuler des objets et de les transformer à l'aide du retour vocal et de dessins en relief.
Les réseaux locaux et l’internet permettent d’établir des échanges permanent et à distance… et d’assurer l’intégration des personnes et des établissements.
Le "mariage" récent de l'informatique, de l'audiovisuel avec les réseaux numériques de communication offre depuis peu d'importantes possibilités éducatives en général et en particulier pour les aveugles qui peuvent enfin accéder sans difficulté aux dictionnaires et encyclopédies sur cédérom. Après l’arrivée du cédérom et, avec lui, l’usage véritablement pédagogique du son et de l’image, statique ou dynamique, qui permet d’accéder à des connaissances non plus seulement textuelles, Internet constitue aujourd’hui une sorte de tour de Babel à l’échelon mondial sur laquelle les élèves aveugles, sourds et handicapés moteurs disposent de milliers d’informations intéressantes pour leur vie de tous les jours et pour leurs études. On y trouve par exemple des sites spécifiquement adaptés à un déficit, par exemple la cécité. Certains d’entre eux peuvent ainsi proposer d’encourager la pratique de l'écrit sur support électronique par les élèves aveugles, d'assurer un soutien ou une formation à distance aux étudiants, de propager des techniques et des démarches innovantes et de favoriser les échanges entre les formateurs et les spécialistes de la rééducation. On y trouve également des dossiers sur de nombreux domaines de culture générale. Pour le jeune handicapé, vivant le plus souvent dans un environnement relativement confiné, Internet constitue ainsi une sorte de fenêtre sur le monde. C’est également un remarquable outil d’échange, de correspondances brisant ainsi l’isolement et facilitant l’intégration.
Les ressources et équipements requis sont d’ordre divers : collectif (boucles magnétiques* pour l’amplification du signal sonore pour les élèves sourds, embosseuse braille pour les élèves aveugles intégrés d’un établissement…) ou individuel (appareils de prise de notes* en braille, ordinateur portable pouvant devenir l’unique support d’écriture pour un élève handicapé moteur…), outils visant l’autonomie de l’élève (claviers adaptés pour les jeunes handicapés moteurs, plages tactiles* pour les élèves aveugles…) ou supports adaptés de contenus pédagogiques (films sous-titrés pour les sourds, documents braille pour les aveugles…).
Suivant les types de handicap, telle ou telle approche sera prépondérante : la dimension supplétive sera essentielle pour l’activité scolaire des élèves handicapés moteurs, à l’inverse, l’aide aux élèves sourds reposera moins sur des dispositifs technologiques spécifiques que sur des démarches pédagogiques privilégiées faisant appel au développement de stratégies, de procédures ou à un accès facilité aux connaissances par des outils de type tutoriel.
L'ordinateur, ses logiciels et ses interfaces spécialisés sont utilisés comme de véritables environnements de rééducation.
A la périphérie de l’acte pédagogique et souvent en lien étroit avec lui, l'acte rééducatif peut également reposer sur l'emploi d'outils nouveaux et très spécialisés.
C'est le cas de la démutisation des jeunes sourds ou de la rééducation de la parole d'enfants dysarthriques*. L'enfant émet alors des sons qui sont traités en temps réel par un logiciel, traduits graphiquement et de manière ludique.
L'acte rééducatif peut également se développer autour d’une démarche spécifique prenant appui sur des outils informatiques du commerce : utilisation d'un simple traitement de texte "gros caractères" et de batteries d'exercices pour consolider l'apprentissage de la lecture avec un jeune infirme moteur cérébral (I.M.C.) souffrant d'un trouble des praxies visuelles* ou usage d'un imagier multimédia associant une image à un mot, écrit et prononcé, pour rééduquer un trouble lexico-sémantique chez un jeune traumatisé crânien par exemple.
Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 01 mars 2001
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