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Rubriques visitées : histoire géographie

Rubrique : Histoire et géographie documents d'accompagnement

 Thèmes d'étude

GÉOGRAPHIE - Première ES-L

 

I - L'Europe des États
II - Réseaux et flux en Europe et en France
III - La France et son territoire - Métropole et DOM-TOM
IV - Les régions en France et en Europe


Introduction : qu'est-ce que l'Europe ? (3 heures)

Cette introduction a deux objectifs principaux :

- faire réfléchir les élèves sur le fait que l'Europe n'étant pas exactement un "continent" au sens classique du terme (on devrait alors plutôt parler d'Eurasie), la question de ses limites est posée de longue date. Elle a une portée géopolitique fondamentale. L'Europe doit donc davantage être définie en terme d'identité, largement produit de l'histoire. Cette identité n'est pas simple à appréhender. Elle pourra être reprise dans la première partie à propos de la question de l'élargissement de l'Union européenne.

- présenter le peuplement très inégal de l'Europe, à partir d'une carte des densités. S'interroger sur les facteurs de ce peuplement inégal, c'est faire appel à de nombreux champs explicatifs en les mobilisant différemment selon les espaces concernés. Plus que les aptitudes a priori des différents milieux physiques, c'est la capacité des sociétés à exploiter les ressources et créer la richesse qui doit être envisagée. Le rôle de l'action humaine dans sa profondeur historique constitue donc un des champs explicatifs majeurs des contrastes de peuplement.

Ainsi les liens entre histoire et géographie pour contribuer à une définition de l'Europe peuvent-ils être mis en évidence d'emblée. Retour en haut de page


I - L'Europe des États (12 heures)

1 - Le morcellement en États et les grands ensembles géopolitiques

La carte de l'Europe aujourd'hui prend la forme d'une mosaïque d'États, d'un poids démographique et économique très varié. Elle est le résultat d'héritages multiples. On doit insister particulièrement sur les héritages des deux après-guerres et les conséquences de l'éclatement de l'URSS et de la Yougoslavie. On pourra ainsi dégager une typologie des grands ensembles géopolitiques européens délimités et définis en fonction de leur situation géographique en Europe, leur histoire, et leur culture, facteurs d'intégration ou de marginalité relative. Sans être exclusive, cette typologie peut être établie en référence à l'Union européenne : "Europe des 15", pays intégrés à l'Union européenne en 2004, États balkaniques non-membres de l'Union, États d'Europe orientale issus de l'ex-URSS, États demeurés volontairement en dehors de l'Union. Il ne s'agit pas d'étudier chaque ensemble pour lui-même mais bien de le replacer dans le contexte européen.

Pour illustrer concrètement cette analyse, on s'appuie sur l'exemple des États issus de l'Empire austro-hongrois, cet espace éclaté par les traités de paix de la Première Guerre mondiale et à nouveau bouleversé en 1945-1946 et au début des années 1990. L'étude des cartes de cet espace à ces dates suggère une réflexion sur le poids des héritages confronté à la mobilité des frontières.

2 - Une communauté d'États en débat : l'Union européenne

Il ne s'agit pas de faire ici l'histoire de la construction européenne mais de présenter rapidement les objectifs et le fonctionnement actuel des institutions européennes, notamment sous l'angle des rapports de pouvoirs. Les différents enjeux actuels méritent une attention particulière. Le choix de l'élargissement a été fait et l'approfondissement est en chantier, reposant le problème des limites et de l'identité de l'Europe.

L'approfondissement caractérise une dynamique d'intégration ayant permis aux pays membres de resserrer leurs liens. L'élargissement désigne les quatre vagues successives de nouvelles adhésions qu'a connues la Communauté européenne et par lesquelles neuf pays se sont ajoutés aux six pays fondateurs. Face au grand nombre de pays candidats à l'adhésion, l'idée d'élargissement revêt aujourd'hui un sens nouveau posant avec force la question du projet européen. Le système issu du traité de Rome ne pourra plus fonctionner efficacement dans une Union de 25 à 30 membres. Ainsi l'adaptation des institutions et de certaines politiques de l'Union est-elle toujours nécessaire.

L'Union européenne est très diverse, incluant notamment des espaces insulaires "ultrapériphériques" hérités du passé colonial de certains États membres. Comment intégrer les identités multiples, sans les abolir, tout en créant une identité qui les dépasse ? Le modèle de la nation et de l'État démocratique est celui retenu depuis 50 ans, mais cela ouvre le débat sur l'avenir à 25 ou plus. Différentes conceptions de la construction européenne, souvent inscrites dans des traditions nationales, se juxtaposent : maintenir une Europe des nations, aller vers une Europe fédérale, développer un espace de libre-échange. Au sein de chaque pays des tendances variées partagent aussi l'opinion publique.

La place particulière de la France dans le débat européen est à souligner. Membre fondateur de l'Union, elle a été souvent à l'origine - avec l'Allemagne - de la dynamique de la construction européenne.

3 - Deux États dans l'Union européenne au choix : L'Allemagne ou le Royaume Uni, l'Espagne ou l'Italie

L'étude de ces deux États pour eux-mêmes n'est pas l'objectif. Leur présentation doit donc être clairement problématisée sous l'angle de leur place dans l'Union européenne. Chaque État a des spécificités au sein de l'Union. Il s'agit d'en identifier quelques-unes, choisies par le professeur, et de les expliquer tout en montrant divers aspects de son ancrage européen.

L'ALLEMAGNE, pays fondateur, première puissance économique et démographique est un territoire dont les frontières ont évolué ces dernières années. Avec l'élargissement, sa position géographique est de nouveau centrale dans l'Union européenne. Son organisation fédérale se retrouve dans son organisation spatiale polycentrique.

Le ROYAUME-UNIi, à la position géographique d'archipel, est formé de plusieurs nations dont les prérogatives s'affirment. Ses particularités, en partie liées à l'insularité, ne l'empêchent pas d'entretenir avec l'Union européenne des liens anciens et complexes au niveau économique, culturel et politique, renforcés par le caractère symbolique du tunnel sous la Manche. Il cherche en même temps à maintenir des relations internationales privilégiées au sein du monde anglo-saxon.

L'ESPAGNE, par sa position géographique, est une péninsule européenne et méditerranéenne, où le retour à la démocratie a permis la mise en place d'une organisation administrative originale qui reconnaît une Espagne plurielle. La Constitution de 1978 insiste sur l'indissolubilité de la nation espagnole et le droit à l'autonomie des nationalités et des régions. Cette organisation politique ainsi que la forte croissance économique engendrée par l'intégration à l'Union européenne ont des effets sur les dynamiques régionales.

L'ITALIE a une position géographique originale : appendice de l'Europe au sud, elle est un Etat essentiel du bassin méditerranéen, un pont entre ses rives nord et sud, un centre et une périphérie. Pays de vieille culture mais État relativement récent, à l'origine de la construction européenne, elle se caractérise par une identité forte tout en maintenant des appartenances territoriales que la division administrative permet de prendre en compte. Son ancrage européen est fortement associé aux axes de communication transalpins étudiés en II. 2.

- BAILLY Antoine, FREMONT Armand (s.d. de), L'Europe et ses Etats. Une géographie, DATAR-Documentation française, 2000.
- DEZERT Bernard, L'Europe. Géographie historique, sociopolitique et économique. Nathan, 1998,317 p.
- FOUCHER Michel, La République européenne. Entre histoire et géographies. Belin, 2000,160 p.
- Les capitales européennes, BOYER Jean-Claude, Documentation photographique, n° 8020, avril 2001.
- Quelle Union pour l'Europe ?, MATHIEU Jean-Louis, Documentation photographique, n° 8008, avril 1999.
- L'Europe médiane : des Pays baltes aux Balkans, ZRINSCAK Georgette, Documentation photographique, n° 8005,1998. Retour en haut de page


II - Réseaux et flux en Europe et en France (10 heures)

L'objectif de la deuxième partie du programme est de faire comprendre qu'au-delà du cadre des États, l'espace européen est également organisé selon des logiques de fonctionnement en réseau qui relèvent du libre jeu des acteurs économiques et sociaux dans tout espace ouvert. L'effacement progressif des frontières renforce les effets de ces logiques à l'échelle du continent.

1 - La métropolisation et les réseaux urbains

Pôles et réseaux urbains, métropolisation

Les villes sont des centres de services offerts à des territoires plus étendus qu'elles : on parle de pôles urbains. La qualité et la quantité de ces services - qui varient dans le temps - déterminent une hiérarchie des villes, des liens de complémentarité et de concurrence entre elles et dessinent des aires d'influence qui peuvent être fort étendues pour des services rares ; ainsi se constituent les réseaux urbains.

Le processus de métropolisation correspond au renforcement continu des grandes villes situées à la tête de réseaux urbains actifs. Il est largement dû à l'évolution récente des moyens de transports des hommes, des marchandises et des flux de données qui baisse les coûts de la mobilité, facilitant l'accessibilité aux pôles les plus attractifs. Ces derniers renforcent ainsi leurs pouvoirs de commandement et élargissent leur rayonnement (surtout dans le cadre de la mondialisation).

Marqué par une forte tradition urbaine, qui fonde en partie son identité, l'espace européen est aujourd'hui de plus en plus dirigé par un petit nombre de grandes métropoles urbaines. Pour décrire ce phénomène on se situe à l'échelle européenne et on s'appuie le cas échéant sur l'exemple précis d'une grande métropole.

Pour autant les réseaux urbains continuent de présenter une très grande variété de situations. C'est dans un cadre national qu'on présente deux exemples différents :

- L'exemple français s'impose par ses caractéristiques fortes : un territoire toujours largement polarisé par la capitale, "ville-monde" qui accapare à l'échelle nationale la quasi-totalité des services de haut niveau. Centre unificateur et organisateur du pays (avec des conséquences dans des domaines aussi importants que celui de la construction des réseaux de communication), Paris a tiré profit d'un maillage administratif qui a atomisé les services de second niveau sur une multitude de chefs-lieux départementaux. Depuis une trentaine d'années cependant, le développement de l'échelon régional accompagne le renforcement progressif et incomplet de certaines métropoles de province.

- A l'inverse, on choisit de décrire un réseau urbain à l'allure très différente, caractérisé par la dispersion des fonctions de commandement entre plusieurs métropoles complémentaires. On peut prendre l'exemple d'un des grands États dont l'étude a déjà été abordée dans la première partie (l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Italie) ou d'un pays au territoire moins étendu comme les Pays-Bas.

2 - Les réseaux de communication et les flux de transports

L' étude de cas (les grands axes de communication transalpins) s'attache aux interrelations entre trois éléments : les impératifs économiques (croissance et importance des flux de transports de part et d'autre de l'arc alpin) qui déterminent la dimension des infrastructures ; les contraintes naturelles à surmonter, liées au relief et au climat de montagne, qui justifient des équipements coûteux (tunnels, viaducs, etc.) ; la nécessité de prendre en compte la protection d'un environnement de grande qualité. Il ne s'agit pas de développer successivement ces aspects mais de montrer leur combinaison aux différentes échelles à travers l'étude de cas. L'actualité offre des points d'entrée commodes, des conflits traduisent des choix politiques explicites ou implicites visant à développer tel ou tel mode de transport.

Le réinvestissement des acquis de l'étude de cas permet en changeant d'échelle de référence de mettre en valeur le rôle structurant des grands axes de communication dans l'organisation de l'espace en France et en Europe. On fait appel à différentes cartes de flux afin de montrer le rôle des axes et des carrefours de communication, tout en tenant compte des contraintes naturelles et politiques : tracés des rivages et des frontières, obstacles orographiques ou géopolitiques, etc. Ces axes reliant des pôles urbains, de fructueux rapprochements peuvent être opérés avec l'étude précédente sur la métropolisation.

3 - La mobilité des hommes

La mobilité des hommes dans l'espace s'effectue le long d'axes de communication et constitue une forme de flux parmi d'autres. Il ne s'agit pas d'étudier ici toutes les formes de mobilité. Les déplacements touristiques, les mouvements pendulaires de travail sont exclus. On ne prendra donc en compte que les changements de résidence s'accompagnant souvent d'un changement de situation professionnelle ou personnelle (rapprochements familiaux par exemple).

L'étude de la mobilité externe des hommes est conduite à partir de cartes. On analyse les flux migratoires actuels, à caractère économique et politique, entre l'espace Schengen et le reste du monde, l'exemple français servant de point d'appui. Les aspects sociaux et politiques de l'intégration des migrants ont pu être abordés en seconde à travers l'un des thèmes majeurs du programme d'éducation civique, juridique et sociale ("Citoyenneté et intégration").

Les migrations internes sont l'expression de la dynamique spatiale des territoires. Il est possible d'étudier les migrations en France puis de se demander si on retrouve les mêmes logiques à l'échelle de l'Union européenne.

- BARROT Jacques, ELISSALDE Bernard, ROQUES Georges, Europe, Europes. Espaces en recomposition, Vuibert, 2002.
- BRUNET Roger, Territoires de France et d'Europe, Belin, 1997,256 p.
- BRUYELLE Pierre (s.d. de), Les Très Grandes Concentrations urbaines, SEDES, 2000 (la typologie régionale des villes européennes est rédigée par BONNET Jacques).
- DAMETTE Félix, La France en villes, DATAR-Documentation Française, 1994.
- LEVY Jacques, Europe, une géographie, Hachette, 1997,288 p.
- Les Villes en France, CATTAN Nadine, SAINT-JULIEN Thérèse, Documentation photographique, n° 7039, février 1997.
- Urbanisation et urbanisme en France : les métropoles de province, MARCONIS Robert, Documentation photographique, n° 8025,2002.
- Les Capitales européennes, BOYER Jean-Claude, Documentation photographique, n° 8020, avril 2001. Retour en haut de page


III - La France et son territoire - Métropole et DOM-TOM (17 heures)

 

Quatre thèmes d'étude étroitement associés

Comme tout territoire, la France est constituée d'hommes ("peuplement et répartition de la population") dont les activités ("l'espace économique") doivent rester compatibles avec une bonne gestion de leur environnement ("des milieux entre nature et société"). Les politiques d'aménagement cherchent à concilier ces impératifs, parfois contradictoires ("disparités spatiales et aménagement des territoires"). L'ordre de traitement de ces quatre sous-parties peut donc être modifié en fonction des choix de programmation. Il importe surtout, au moyen de schémas fléchés ou d'exemples à l'échelle locale, de bien faire comprendre les interrelations entre les différents éléments d'un système géographique ouvert sur le monde qu'est le territoire national.

- BRUNET Roger, SAINT-JULIEN Thérèse (s.d. de). Atlas de France. RECLUS-La Documentation française, 14 volumes, 1995-2001.
- DAMETTE Félix, SCHEIBLING Jacques, La France. Permanences et mutations, Hachette, 1995,256 p.
- NOIN Daniel, Le nouvel espace français. Armand Colin. 2001,256 p.
- PITTE Jean-Robert, La France, Nathan, 2001,192 p.
- STECK Benjamin et Jean-Fabien, La France et ses régions en Europe et dans le monde, Bréal, 2002,207 p.
- "Vivre en France dans la diversité", (coordination MIOSSEC Alain, PITTE Jean-Robert, THUMERELLE Pierre-Jean), Historiens & Géographes, n° 370, juin 2000.

1 - Peuplement et répartition de la population

De forts contrastes de densité caractérisent la répartition de la population. Il s'agit d'en faire le constat sans entrer dans une recherche détaillée des causes de ces inégalités spatiales qui seront nécessairement identifiées dans d'autres thèmes d'étude de cette partie : contraintes physiques, effets d'accumulation historique de la population en certains lieux, inégal dynamisme des activités économiques, etc.

Même si la localisation des grandes masses de population peut être considérée comme relativement stable dans le temps, il faut montrer que cette répartition évolue (dynamique spatiale) sous l'effet conjugué de la croissance naturelle et des mouvements migratoires, sans insister toutefois sur des développements purement démographiques, comme la fécondité ou la nuptialité.

La population est aujourd'hui très majoritairement concentrée dans les villes. Par ailleurs, les habitants des campagnes ont de plus en plus un mode de vie urbain et un travail en ville à tel point que la limite entre villes et campagnes peut être difficile à déterminer. La notion "d'aire urbaine" proposée par l'INSEE cherche à trouver une réponse statistique à cette ambiguïté. La population des espaces ruraux garde cependant des caractères propres.

- NOIN Daniel, CHAUVIRE Yvan, La Population de la France, Armand Colin, 2002,224 p.

2 - Des milieux entre nature et société

Ce thème se situe directement dans le prolongement des contenus du programme de seconde concernant l'étude des "relations que les hommes établissent avec leur environnement" (commentaire général du programme de géographie). En classe de première, il s'agira d'enrichir ces contenus en s'appuyant sur l'exemple de la France.

Milieu et environnement

Les hommes se répartissent dans des milieux géographiques qui résultent de l'interaction entre les différentes composantes du milieu physique et les actions humaines, qui s'inscrivent dans la longue durée. En France, du fait de cette forte anthropisation, il n'existe quasiment plus de milieux "naturels" bien que la nature demeure présente par le biais des climats, de l'eau, des grandes formes de relief qui peuvent représenter des ressources ou des contraintes pour la société. Certains milieux sont aussi source de risques pour les hommes, qu'ils soient purement physiques ou liés à des aménagements humains mal maîtrisés : vallées inondables, pentes sujettes à des glissements de terrains, etc.

Le terme de milieu, utilisé traditionnellement en géographie, est devenu pratiquement synonyme d'environnement. Dans ce sens élargi, le terme d'environnement peut donc être défini comme l'ensemble des éléments physiques et humains qui constituent le cadre de vie d'un individu ou d'une société.

Les activités humaines transforment l'environnement, très progressivement autrefois, plus brutalement aujourd'hui. Sans tomber dans un catastrophisme excessif, il faut admettre qu'elles peuvent faire peser des menaces sur la préservation de certains milieux physiques. Des politiques de protection de l'environnement naturel sont donc mises en place par les pouvoirs publics (parcs naturels nationaux par exemple). Toutefois, l'environnement a plus besoin d'une gestion équilibrée, conciliable avec le développement durable que d'une protection absolue. C'est par exemple l'ambition, parfois difficile à atteindre, des parcs naturels régionaux.

Dans le cas particulier de la France, cet environnement est particulièrement diversifié. Il peut être à dominante physique (environnement montagnard par exemple) ou humaine (environnement urbain).

En classe, ce thème d'étude peut être abordé de deux manières, dans un ordre librement déterminé :

- à l'échelle nationale, notamment à l'aide de cartes, on présente les grands ensembles physiques (principalement topographiques et bioclimatiques) et on envisage leurs relations avec les hommes en terme de ressources, contraintes ou risques. On peut ensuite décrire, d'un point de vue général, les politiques de gestion et de protection de l'environnement.

- à l'échelle locale, avec laquelle les élèves ont déjà été familiarisés en seconde, on s'appuie sur quelques exemples concrets, sans viser à l'exhaustivité (par exemple une vallée montagnarde, une forêt périurbaine, un marais littoral proche d'un port) pour faire comprendre, de manière concrète, la complexité des interrelations nature/société en fonction des intérêts parfois contradictoires des acteurs spatiaux.

- PITTE Jean-Robert, Les Français dans leur environnement, Nathan, 1996,384 p.
- VEYRET Yvette, Géo-environnement, SEDES, 1999,159 p.
- France, milieux et environnement, VEYRET Yvette, HUGONIE Gérard, Documentation photographique, n° 7027, février 1995.
- La Montagne française. Développer ou protéger, Textes et documents pour la classe, CNDP, avril 2000.
- Les Zones humides, Textes et documents pour la classe, CNDP, décembre 2002.
- Aléas et enjeux. Éduquer pour prévenir les risques majeurs. Supplément à Textes et documents pour la classe, SCEREN-[CNDP], 6 numéros de décembre 2002 à mai 2003.

3 - L'espace économique

Cet intitulé a pour objectif d'inciter à une approche synthétique et renouvelée de l'inscription des activités économiques dans l'espace. Il s'agit d'éviter un passage en revue exhaustif des différentes branches : agricoles, énergétiques, manufacturières, touristiques, commerciales, etc. De plus on sait que la distinction traditionnelle entre secteur primaire, secondaire, tertiaire est devenue très discutable.

Ce thème d'étude peut donc donner lieu à deux approches spatiales : une approche globale concernant l'ensemble des activités économiques, une approche particulière concernant un exemple d'activité. On peut choisir d'aller du global au particulier ou, à l'inverse, partir d'un exemple :

- Globalement, l'espace économique en France (toutes activités prises en compte) et ses prolongements en Europe et dans le monde peut être présenté notamment à l'aide de cartes à l'échelle nationale, européenne et mondiale. A l'échelle nationale, on pourra s'appuyer sur quelques indicateurs simples : par exemple, l'inégale localisation des emplois (population active), l'inégale distribution de la capacité productive (valeur ajoutée), la diversité des espaces en fonction des activités dominantes, des dynamismes inégaux (pôles de développement et zones de faiblesse), etc. Cette échelle nationale ne peut suffire aujourd'hui pour rendre compte de l'organisation d'un espace économique car le phénomène de mondialisation (ampleur des échanges internationaux de marchandises, délocalisation des emplois, investissements à l'étranger, etc.) conduit à s'interroger sur les limites géographiques de cet espace économique, de moins en moins purement national, notamment du point de vue des entreprises. On peut donc parler de "prolongements" de cet espace en Europe et dans le monde. Des informations sur le commerce extérieur (qui peut consister en échanges internes à une multinationale), sur la présence des entreprises françaises dans le monde peuvent donc trouver place ici. Pour concrétiser le propos, il est possible de s'appuyer sur l'exemple d'une multinationale française.

- Pour compléter cette étude géo-économique de la France, une analyse successive des trois espaces économiques traditionnels (agriculture, industrie, tourisme et services) n'est plus demandée. Une présentation, au choix, d'une activité ou plus précisément d'une filière, abordée d'amont en aval peut suffire ; par exemple, la filière agroalimentaire ou une filière industrielle (comme l'automobile, l'informatique, la chimie) ou la filière touristique. On aborde alors, outre ses localisations géographiques, ses liens avec la recherche-développement, les formes d'organisation de la production (rôle éventuel de la sous-traitance), les stratégies spatiales des entreprises, à différentes échelles. La description des paysages ou des lieux (bassin de production caractérisé par une activité dominante, station touristique, etc.) nés du développement ou à l'inverse de la crise de ces filières de production ne doit pas être négligée. De même si le sujet s'y prête, les effets des politiques nationale et européenne sont à prendre en considération (effets de la politique agricole commune sur la filière agroalimentaire par exemple).

- BARON-YELLES Nacima, Le Tourisme en France. Territoires et stratégies, Armand Colin, 1999,224 p.
- MERENNE SCHOUMAKER Bernadette, La Localisation des industries. Enjeux et dynamiques, Presses Universitaires de Rennes, 2002.
- Une industrie française ?, SCHEIBLING Jacques, Documentation photographique, n° 8012,1999.
- L'Exploitation agricole française. Des espaces et des hommes, Textes et documents pour la classe, CNDP, n° 812,2000.
- Le Paysage : décor ou enjeu, Textes et documents pour la classe, CNDP, n° 738, juin 1997.

4 - Disparités spatiales et aménagement des territoires

Qu'est-ce que l'aménagement des territoires ?

Le terme d'aménagement doit être compris ici comme une action volontaire et réfléchie d'une collectivité sur son territoire et le résultat de cette action. C'est un acte politique par lequel les acteurs spatiaux s'efforcent de valoriser leur territoire, de réduire les inégalités - les disparités sociales et spatiales -, de mieux répartir les hommes et les activités. La place de l'échelle nationale dans ces politiques d'aménagement ayant sensiblement décliné au profit d'échelles infra étatiques comme l'échelle régionale ou locale, il est préférable de parler aujourd'hui "d'aménagement des territoires" plutôt que "d'aménagement du territoire", expression qui renvoie davantage aux ambitions des années soixante. L'aménagement des territoires dépend donc non seulement des acteurs institutionnels (collectivités territoriales, État, Union européenne), mais aussi des acteurs socioprofessionnels et des citoyens organisés en groupes de pression.

L'entrée dans ce thème par une étude de cas doit permettre aux élèves de mieux comprendre de manière concrète ces enjeux d'aménagement. Celle-ci doit se situer exclusivement à l'échelle d'un territoire local : une "communauté d'agglomération" ou un "pays", si possible géographiquement proche des élèves. On pourra ainsi éventuellement enrichir la connaissance de la région où se situe le lycée, si elle est étudiée dans la quatrième partie. Cette étude de cas est l'occasion d'identifier la multiplicité et le jeu complexe des acteurs spatiaux à toutes les échelles du local, à l'européen, voire au mondial. Le territoire est en effet un espace de conflits - de représentations, de compétences, d'intérêts et d'usages -, mais aussi un espace de coopération et de solidarité. Cette étude de cas souligne comment les politiques d'aménagement contribuent à la transformation des territoires et de leur organisation spatiale. Son but n'est pas de rechercher l'exhaustivité d'une monographie. A partir de problématiques géographiques, elle est orientée et permet de réfléchir aux notions évoquées ci-dessus pour construire un savoir transférable.

Les disparités spatiales (déséquilibres anciens ou dynamiques nouvelles) produites par les sociétés sont ensuite mises en évidence à l'échelle de la France, en intégrant notamment dans l'analyse les régions périphériques comme les DOM-TOM. Elles sont constatées et expliquées au travers d'un système de facteurs spatiaux, sociaux, économiques et culturels en interaction. Par exemple, la position des territoires (enclavement ou ouverture et proximité des grands courants d'échanges), leurs ressources et leurs activités, l'inégale occupation humaine, leur degré de métropolisation ou l'accès différencié aux équipements sont source d'inégalités que tente de corriger une politique d'équité spatiale. Cette politique d'aménagement du territoire national est définie sous l'égide de l'État mais dépend aussi des directives européennes. Elle cherche à s'intégrer au "schéma de développement de l'espace communautaire" adopté par l'Union européenne. L'étude est principalement centrée sur les nouvelles orientations de ces politiques d'aménagement.

- ALVERGNE C., TAULELLE F., Du local à l'Europe. Les nouvelles politiques d'aménagement du territoire. PUF, 2002,304 p.
- GUIGOU Jean-Louis, Aménager la France de 2020. Mettre les territoires en mouvement. DATAR-Documentation française, 2002,111 p.
- Territoire et aménagement, Atlas de France, vol 14, GIP Reclus, 2001.
- Les Autoroutes au cœur de l'aménagement du territoire, Textes et documents pour la classe, CNDP, n° 753, avril 1998.
- L'Aménagement du territoire, BRUNET Roger, Documentation photographique, n° 7041,1997. Retour en haut de page


IV - Les régions en France et en Europe (8 heures)

1 - Le fait régional : une région d'Europe, de préférence celle du lycée

Ce thème est étudié à partir d'une étude de cas . Il peut s'agir d'une région en France ou ailleurs en Europe. Le choix de la région où vivent les élèves peut cependant favoriser une géographie ouverte sur les réalités locales (réalisation de dossiers ou d'enquêtes).

Le fait régional recouvre des réalités et des ensembles spatiaux divers par leur taille, leurs limites et leurs contenus. Il est toutefois préférable de partir de la région administrative, territoire délimité et régi, dont on peut présenter rapidement le fonctionnement institutionnel. La région choisie ne doit pas être étudiée pour elle-même mais comme un cadre d'analyse à confronter aux différentes acceptions de la notion de région : principe d'uniformité (région homogène par les traits physiques, l'histoire ou l'identité culturelle), logique de fonctionnement (région organisée par un ou des pôles urbains). En fonction de ces différents critères géographiques, les limites administratives de la région peuvent être mises en question.

La région, loin d'être figée, évolue comme tout produit social sous l'effet des stratégies spatiales d'acteurs multiples qui se situent à des échelles très différentes allant du local au mondial. Il convient donc de prendre en compte son ouverture à d'autres échelles nationale ou européenne et notamment les effets des politiques spatiales de l'Union européenne.

La région est aussi cadre d'exercice du politique et d'expression de la citoyenneté, lieu de vie, de socialisation où le sentiment d'appartenance et parfois les revendications identitaires s'expriment pleinement. Ce volet de l'étude peut être prolongé en éducation civique, juridique et sociale ("exercice de la citoyenneté, République et particularismes").

2 - Disparités régionales en France et en Europe

Une approche comparative à l'échelle de la France et de l'Europe permet de souligner les différents modes d'organisation politique des régions, leurs disparités spatiales, et l'organisation régionale de l'Europe.

La dimension des régions administratives, leur degré d'autonomie, d'initiative et de compétence, la conscience plus ou moins forte d'identité régionale diffèrent selon les États et même à l'intérieur des États. Elles contribuent de façon inégale à la production de richesse et n'ont pas le même potentiel humain et économique. Elles ne s'intègrent pas tous de la même façon à l'Union européenne et n'occupent pas la même position dans l'organisation de l'espace européen.

La politique européenne vise à compenser ces disparités régionales et à renforcer la cohésion sociale et spatiale de l'Union, y compris au profit des départements d'outre-mer français. Les programmes mis en œuvre contribuent à répartir équitablement entre les régions les équipements publics et les investissements en soutenant des projets innovants, à promouvoir les initiatives transfrontalières ou à favoriser l'intégration européenne. Les effets de ces actions sont montrés à l'aide de quelques exemples.

- BALESTE Marcel (s.d. de), La France. Les 22 régions, Armand Colin, 2001,344 p.
- DOUMENGE Jean-Pierre, L'Outre-Mer français. Armand Colin, 2000,224 p.
- FREMONT Armand, Portrait de la France. Villes et régions, Flammarion, 2001,782 p.
- GAMBLIN André (s.d. de), La France dans ses régions. 2 tomes, SEDES, 2000.
- LABASSE Jean, Quelles régions pour l'Europe ?, Flammarion, 1994,127 p.
- LIMOUZIN Pierre, La France et ses régions. Inégalités et mutations, Armand Colin, 2000,192 p.
- PAULET Jean-Pierre, Les régions à l'heure de la mondialisation, Armand Colin, 1998,96 p.
- PIERCY Philippe, La France, le fait régional, Hachette, 1997,288 p.

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Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 07 mai 2003
© Ministère de l'Éducation nationale


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