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Rubrique : Histoire et géographie documents d'accompagnement

 Des démarches pédagogiques

L'ÉTUDE DE CAS EN HISTOIRE

L'étude de cas est une des démarches pédagogiques utilisables pour que les élèves écrivent et apprennent de l'histoire. Ce que le programme de seconde appelle "entrées possibles", dans les commentaires des quatre premiers moments historiques, se prête, par exemple, fort bien à une telle approche.

En soi, l'étude de cas relève autant d'un traitement professoral que du travail des élèves en autonomie accompagnée, ou d'un projet associant les deux démarches. En classe de première, le travail conduit en géographie en seconde et la maturité accrue des élèves invitent à accorder davantage de place à l'autonomie des élèves. C'est pourquoi les deux exemples associés à cette introduction privilégient une interaction entre un travail majoritairement conduit par les élèves à partir d'un corpus documentaire et une mise en perspective majoritairement professorale, adossée sur le savoir de l'enseignant et sa capacité à expliquer. Cette option n'épuise pas l'éventail des possibles.

L'étude de cas n'impose pas non plus le recours à un horaire impératif : c'est la nature du projet, l'adaptation à la classe, la recherche d'un équilibre entre les démarches pédagogiques ou encore les ressources accessibles - notamment les ressources locales - qui permettent à chacun de se déterminer librement. De une à trois heures paraît une échelle crédible.

L'étude de cas constitue un mode d'entrée privilégié dans un thème. Mais on peut explorer d'autres voies. Ainsi, utiliser cette démarche pour éclairer un problème identifié durant le traitement d'un thème est une possibilité alternative - illustrée plus loin -, parmi plusieurs autres.

Une démarche pédagogique en deux temps

Telle qu'elle est envisagée ici, l'étude de cas articule donc deux temps : un travail significatif sur un corpus documentaire et une mise en perspective.

Le dossier documentaire pose un problème qui appelle une réponse. C'est la réflexion préalable du professeur sur cette réponse et ce problème qui guide la composition du dossier et le questionnement.

Le problème ne doit pas être marginal par rapport au thème du programme, sous peine de ne travailler que la démarche et de renvoyer l'acquisition du savoir au reste de l'horaire. La réponse doit être exprimée, sous peine de faire évoluer l'étude de cas vers une série d'analyses étanches de documents traités individuellement. Ses formes peuvent varier énormément, qu'elles soient arrêtées par le professeur ou proposées par les élèves.

Entre la première lecture du dossier et l'identification du problème d'une part et l'expression de la réponse d'autre part, s'opère l'exploitation analytique et synthétique des informations repérées dans les documents. L'élaboration d'un tableau où classer ces informations constitue alors un outil, certes non obligatoire, mais précieux. Ainsi l'étude de cas concourt-elle à la préparation à l'épreuve d'étude de documents du baccalauréat, mais sans la mimer et sans que ce soit là son objectif explicite.

Il peut être nécessaire de chercher hors du dossier un complément d'information. Le manuel utilisé de manière autonome et/ou un apport magistral ciblé peuvent jouer alors un rôle clef. La mise en œuvre du programme de géographie de seconde a aussi montré l'intérêt d'une "boite à outils" fournie avec le dossier (carte, renvoi précis au manuel, chronologie, développement sur une notion qui sera à utiliser pertinemment et à enrichir…). Mais le dossier peut être, pour une part, son propre recours : un témoignage individuel ou un phénomène abordé à grande échelle statistique ou spatiale étant par exemple éclairé par un autre document offrant des informations synthétiques.

La mise en perspective répond à trois objectifs :

- si nécessaire, reprendre sommairement les acquis pour favoriser leur appropriation collective.

- articuler le particulier et le général, le conjoncturel et le structurel en validant et en nuançant les conclusions dégagées. C'est alors que l'on peut répondre à des questions comme : le cas étudié correspondait-il à une situation moyenne ? les réponses apportées au même problème ailleurs furent-elles proches ou pas ? sur la période envisagée par le programme, y eut-il relative permanence ou modification des facteurs ? etc.
Prendre brièvement appui sur une situation proche de celle de l'étude de cas (une colonie d'exploitation après une colonie de peuplement, une autre entreprise industrielle, une ville de province illustrant une manière différente d'intégrer l'industrialisation, une population ouvrière restant attachée à la pratique religieuse après qu'on eut pris la mesure de la déchristianisation, une personne ou une opinion publique à un autre moment de leur évolution…) mais aboutissant à des conclusions plus ou moins différentes de celle-ci, enrichirait l'appropriation du savoir et la prise en compte de la diversité, de la complexité et du jeu continuité-rupture. Lors de la mise en œuvre des études de cas en géographie en seconde, on a souvent appelé "exemple" cet élément de la mise en perspective, pour le différencier de l'étude de cas.

- aborder des aspects laissés sciemment de côté dans la composition du corpus documentaire. Cette dimension de la mise en perspective, qui peut se révéler indispensable, est cependant à manier avec prudence puisque l'étude de cas vise justement à l'intelligence d'un thème ou d'une période sans multiplication des faits et des nuances.

Trois conditions de réussite

L'objectif et le contenu de l'étude de cas doivent être délimités, et ne pas prétendre épuiser toutes les facettes d'un thème d'étude, a fortiori s'il est ample. Cela induirait un corpus documentaire trop important et encouragerait un glissement de l'étude de cas vers une demande faite aux élèves de suppléer l'enseignant à partir d'une documentation.

Le questionnement et l'exploitation du dossier documentaire étant au centre de la démarche, la composition du dit dossier est importante. Les documents concourent à une intelligence d'ensemble et doivent donc se faire écho (compléments, confrontations, nuances). Pour que les informations prélevées prennent sens, les éléments permettant d'éclairer la nature des documents ? au sens large : provenance, destinataires, présentation matérielle et usages effectifs des originaux, etc. ? doivent être aussi précis et nombreux que possible ou être d'accès aisé.

La trace écrite résultant de l'étude de cas est un tout : le dossier documentaire et le fruit de son exploitation (par exemple un tableau et une synthèse sous une forme rédigée ou un schéma) ainsi que les notes prises lors de la mise en perspective. L'expérience des modules puis de l'enseignement de la géographie en seconde montre que l'attention prise à composer, à rassembler et à conserver la documentation et les notes est un facteur de réussite et de légitimité décisif.

Au total, l'étude de cas croise plusieurs questions essentielles à notre enseignement :
- l'articulation entre les rôles du professeur et ceux des élèves, et la diversification des pratiques en la matière,
- les conditions d'une mise en activité créatrice des élèves,
- la relation du particulier au général, et notamment la maîtrise d'un certain nombre de notions historiques,
- l'articulation entre dégagement des axes majeurs des périodes et des thèmes et attention aux acteurs, aux conflits, aux représentations, aux lieux, à l'aléatoire,
- les conditions d'exploitation pertinente du document.

Deux propositions d'études de cas en histoire :

Le processus d'industrialisation : le cas français
Le système colonial : le cas algérien Retour en haut de page

 


Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 07 mai 2003
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