
Le programme du cycle terminal - comme l'ensemble de l'enseignement secondaire et de l'enseignement primaire - associe l'histoire et la géographie, sciences sociales voisines et disciplines scolaires que leur projet éducatif rapproche étroitement de longue date.
Or, les liens entre elles sont assez peu perçus par les élèves et pas toujours assumés par les professeurs, en partie parce que l'association mise en œuvre au quotidien est souvent ponctuelle et peu explicitée.
Sans renier les spécificités de l'histoire et de la géographie, on peut aller au-delà des pratiques actuelles en conduisant un véritable projet interdisciplinaire les articulant étroitement, une ou deux fois par an, autour d'un même objet d'étude. C'est ainsi qu'elles pourront davantage se nourrir mutuellement.
L'histoire ne se déroule pas hors de l'espace et l'épaisseur temporelle est fondamentale pour la géographie. Les démarches géographiques s'avèrent susceptibles d'usages rétrospectifs. On peut ainsi appliquer au passé des méthodes d'analyses spatiales contemporaines : c'est le projet de la géo-histoire. D'autre part, l'espace sur lequel s'exerce l'action des sociétés d'aujourd'hui n'est pas neuf et l'histoire permet de relever les différentes strates qui ont contribué et contribuent encore parfois à son organisation. Le regard historique, surtout s'il est porté de manière régressive, permet en quelque sorte de remonter le temps pour rechercher et décrypter la mémoire des lieux, fruit de la production d'espace des générations antérieures.
Le croisement de thèmes d'étude historiques et géographiques peut donc fournir quelques objets d'étude communs et enrichir l'enseignement des deux disciplines. Par exemple il est possible d'associer l'analyse d'un "territoire de proximité" d'un point de vue géographique avec la prise en compte de ses transformations à l'âge industriel ou bien d'analyser le morcellement étatique actuel de l'Europe centrale en référence à l'héritage austro-hongrois avant 1914. Une grande capitale, constitutive du réseau urbain européen d'aujourd'hui, se prête évidemment particulièrement bien à cette approche interdisciplinaire.
Le sujet rend possible l'articulation de plusieurs thèmes des programmes de première : en histoire, "L'âge industriel", "Guerres, démocraties et totalitarismes (1914-1945)" ; en géographie, "Les grands ensembles géopolitiques en Europe", "La métropolisation".
Le choix de cet exemple illustre au passage l'idée que l'historien et le géographe sont toujours confrontés à une double exigence - touchant à la fois la temporalité, l'espace et la taille de l'échantillon - quand ils définissent un objet d'étude : celle de l'échelle d'analyse la plus pertinente, celle des emboîtements les plus éclairants.
Il s'agit de croiser les lectures historique et géographique d'un même objet d'étude, Vienne, au moyen d'une démarche multiscalaire. Comment comprendre la morphologie et le statut actuels de la ville en mobilisant son histoire et les mémoires des territoires auxquels elle fut liée ? Comment éclairer son développement et ses statuts passés par la mobilisation de notions et de méthodes géographiques ?
Cette étude est conçue pour durer trois heures.
La première partie - "Mémoire et territoire d'une métropole" - analyse comment le territoire urbain de Vienne s'est constitué et comment il s'organise ; elle cherche, à travers les structures de son espace actuel, à identifier les mémoires du territoire ; par là, elle permet de s'interroger sur les fonctions de la métropole et les processus de production d'un espace urbain, en soulignant le rôle des acteurs au long de son histoire.
La deuxième partie - "Mémoires et dynamiques d'une capitale à l'échelle de son territoire" - vise à interroger le concept de métropole nationale en soulignant les évolutions et les permanences.
La troisième partie - "Une métropole de contact dans une Europe en mutation" - se penche sur la place et la fonction de Vienne dans l'espace européen, en soulignant les dynamiques anciennes et actuelles.
Pour chaque séance, sont proposés quatre documents de base, les idées principales, les mots clés et notions, des pistes de mise en œuvre. Chacune de ces séances s'organise en deux temps : repérage et analyse, synthèse avec réalisation d'une production.
On verra que l'étude met en perspective des notions centrales des deux disciplines et rend possible une articulation des deux programmes. Mais sa place dans la programmation annuelle n'est pas figée : on peut l'envisager à la rentrée pour introduire le programme et insister sur les complémentarités entre les disciplines, en cours d'année pour approfondir des savoirs, des raisonnements et des notions déjà abordées ou encore en fin d'année, pour une récapitulation et une ouverture aux programmes de terminale.
La proposition précise, les fiches de travail et les documents
Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 07 mai 2003
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